Diagnostiquer l’urgence et surveiller sa forêt
Des éléments de lecture pour observer le terrain et les dispositifs de suivi permettant de repérer les évolutions et d’orienter les actions de gestion et de protection.
Les différents stades d’urgence
Quelques arbres isolés sont secs, perdent leurs feuilles ou couchés au sol, c'est un phénomène naturel fréquent accentué par les effets du changement climatique
Un arbre mort est aussi un refuge pour la biodiversité. Surveillez l'évolution l'année prochaine. La décomposition du bois mort permet la restitution et le recyclage progressif des nutriments au sol. Son caractère spongieux favorise également la rétention de l’eau en période d’excès et sa restitution au milieu en période de déficit. Enfin, le bois mort dans toute sa diversité (sur pied et au sol, de différentes essences, de différents diamètres, à différents stades de décomposition) offre une extraordinaire diversité d’habitats potentiels. On estime que près de 25% des espèces forestières en dépendent (abri, nourriture, reproduction). Insectes, petits vertébrés, oiseaux, chauve-souris mais aussi champignons, mousses, plantes herbacées à ligneuses… Le bois mort est avant tout source de vie. En abritant ces cortèges d’espèces saproxyliques, il héberge certains éléments fondamentaux de fonctionnalité et donc de résilience de l’écosystème forestier. Cette diversité participe à une régulation biologique de certains ravageurs de nos forêts.
Un groupe d'arbres dépérit (par tâche), qui se traduit par : écorce qui tombe, perte de feuille, mortalité de branche, perte de ramification des branches
Cela ressemble à un cumul de stress (d’abord un manque d’eau cumulé d’une attaque de parasite) ou un évènement ponctuel (tempête, neige lourde). Il est recommandé de consulter un technicien ou un professionnel de la gestion forestière pour diagnostiquer l’origine du dépérissement. Une perte de vitalité par tâche peut être classique et temporaire ou être un signe avant-coureur d’un début de crise plus grave qui pourrait s’étendre aux forêts voisines. Si des pratiques curatives ont peu de chance d’enrayer le phénomène, voire risque d’accélérer la situation (elles représentent un stress supplémentaire pour la forêt), les aspects sécuritaires, mise en sécurité des usagers et des professionnels en cas de chute d’arbre prévalent. Dans la majorité des cas, il est préférable d’envisager des pratiques préventives en favorisant la complexité et la diversité des forêts via les dynamiques naturelles.
La majorité de la parcelle semble morte, mourante ou effondrée, situation de crise
Il est fortement recommandé de consulter un professionnel (CNPF, DSF, gestionnaire professionnel...) En fonction du diagnostic un plan d’action peut être nécessaire, entre autres pour sécuriser les lieux, limiter l’émergence de risques associés (incendie, glissement de terrain, etc.) et planifier l’avenir de la forêt.
Les diagnostics à réaliser par un professionnel
- La méthode ARCHI : outil de diagnostic visuel basé sur la lecture du houppier Pour en savoir plus : https://www.cnpf.fr/nos-actions-nos-outils/outils-et-techniques/archi
- La méthode DEPERIS : la méthode s’appuie sur deux critères symptomatiques identifiés sur le houppier, la mortalité des branches et le manque de ramification (ou manque d’aiguilles pour les résineux) Pour en savoir plus : https://agriculture.gouv.fr/la-methode-deperis-comment-quantifier-et-mesurer-letat-de-sante-dune-foret-et-son-evolution
