La biodiversité en forêt
La biodiversité forestière regroupe la diversité des espèces, des structures et des fonctions écologiques de la forêt. Cette fiche présente les outils pour l’évaluer (IBP, PSDRF) et les leviers d’action possibles.
La biodiversité forestière est l’ensemble des gènes, des espèces (plantes, animaux, champignons, micro-organismes) et des écosystèmes présents dans les forêts, ainsi que leurs interactions et leurs fonctions écologiques. On peut schématiser avec trois dimensions :
- La diversité compositionnelle : variété des espèces, des gènes et des habitats (oiseaux, arbres, champignons...).
- La diversité structurelle : variation des formes et des organisations (ex. : strates végétales, bois mort, arbres anciens).
- La diversité fonctionnelle : rôles écologiques (ex. : pollinisation, décomposition, chaînes alimentaires...).
L’utilisation des forêts et leur gestion par l’Homme ont impacté fortement les écosystèmes forestiers, entrainant une perte importante de biodiversité. En plus de sa valeur intrinsèque, la biodiversité forestière contribue de manière avérée à la productivité des peuplements, à leur stabilité et à la multifonctionnalité de cet écosystème. (Muys et al. 2014)
Comment quantifier le niveau de biodiversité dans ma forêt ?
La conservation de la biodiversité commence par un suivi efficace. Pour cela, il existe de nombreux outils d’évaluation à mettre en place, avec des niveaux de complexité variables.
- IBP : IBP - Indice de biodiversité potentielle : protocole facile d’accès, simple à mettre en place. S’il permet une première estimation de la biodiversité potentielle, il ne permet pas un suivi statistique et scientifique.
- PSDRF : Notice PSDRF Protocole plus exigeant techniquement, chronophage mais permettant de quantifier et comparer des variables.
- D’autres protocoles existent comme : l’indice de naturalité, le protocole AFI…
« Un indicateur de biodiversité est une mesure, généralement quantitative, qui peut être utilisée pour illustrer et faire connaître de façon simple des phénomènes complexes relatifs à la biodiversité, y compris des tendances et des progrès dans le temps. » (UICN France, 2014)
Comment agir ?
Après avoir évalué le niveau de biodiversité au sein de sa forêt, différentes options sont envisageables pour favoriser la conservation. Ces choix doivent être également guidés par les résultats des outils d’évaluation.
Option 1 : Continuer à gérer sa forêt mais en favorisant la biodiversité
Une meilleure prise en compte de la biodiversité est possible dans la gestion et est déjà pratiquée par de nombreux gestionnaires.
Les actions de terrain à mener peuvent être les suivantes :
- Marquages d’arbres porteurs de dendro-micro-habitat (nombre à définir)
- Conservation des arbres morts sur pied
- Conservation du bois mort au sol
- Marquage de d’arbres de dimension ou de forme remarquable
- Délimitation d’îlot de sénescence (une zone volontairement laissée à une évolution spontanée de la nature jusqu'à l'effondrement complet des arbres et régénération de la forêt qui pourra vivre en totalité son cycle biologique).
Option 2 : Laisser évoluer librement sa forêt pour maximiser la conservation de la biodiversité
Il est possible de n’effectuer aucune gestion dans sa forêt et donc de la laisser évoluer librement (appelée « forêt en libre évolution »). Cette approche permet de préserver les processus naturels et en particulier certaines dynamiques liées à la sénescence, aux bois morts et aux arbres de dimensions importantes.
Il est possible d’intégrer ces parcelles dans le réseau FRENE (réseau de forêts laissées volontairement en évolution naturelle), qui vise à étudier et valoriser ces forêts comme références en matière de conservation de la biodiversité.
Pour plus d’informations : Livret FRENE
Attention, dans le cas où votre forêt est supérieure à 20ha et donc soumise à la réalisation d’un Plan Simple de Gestion, il faut vous rapprocher du CNPF local afin de vérifier la compatibilité des surfaces en libre évolution avec le Schéma Régional de Gestion Forestière en place.
