La régénération naturelle

La régénération naturelle

La régénération naturelle permet à une forêt de se renouveler sans plantation, en s’appuyant sur les dynamiques spontanées de croissance des arbres. Cette fiche détaille les trois phases clés (installation, compression, dimensionnement) et les interventions sylvicoles associées, illustrées par un cas pratique en hêtraie-chênaie.

« Une bonne gestion des écosystèmes : intervenir à moindre frais, là où cela s’avère facilement possible, c’est-à-dire seulement là où la nature ne conduit pas elle-même au but recherché » J.P. Schültz (1990)

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Régénération naturelle, de quoi parle-t-on ?

La régénération naturelle forestière est le processus biologique par lequel une forêt se renouvelle spontanément grâce à l'installation, la survie et le développement de nouveaux individus issus de la reproduction naturelle des arbres présents ou voisins, sans intervention directe de plantation ou de semis artificiel par l'homme. C'est plus largement un mécanisme fondamental de la dynamique des écosystèmes forestiers, regroupant différents processus écologiques et biologiques permettant le renouvellement spontané, le maintien de la diversité génétique locale et la pérennité des fonctions écologiques de la forêt.

L’acquisition d’une régénération naturelle est une conséquence logique des choix de gestion. Le traitement en futaie irrégulière par excellence vise l’appui sur les dynamiques de régénération naturelle. La recherche d’un capital sur pied permettant à la fois le maintien d’un microclimat forestier et la transmission d’un éclairement indirect et diffus au sol sera particulièrement favorable à la régénération.

L’objectif est de s’appuyer au maximum sur les dynamiques spontanées de régénération, d’utiliser l’automation biologique, c’est-à-dire les mécanismes naturels de croissance, de concurrence, de synécologie. Les travaux et soins culturaux se voudront donc ciblés et visent essentiellement à stimuler la qualité, la diversité, la vigueur de certaines tiges. Le gestionnaire suivra toujours l’orientation principale de la dynamique au lieu de la remettre en question.

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Diagnostic de régénération naturelle

Les données quantitatives et qualitatives sur la régénération constituent parmi les éléments techniques les plus difficiles à collecter de manière fiable. Il est donc difficile de faire l’économie d’un diagnostic permettant de dégager des consignes fines quant aux modalités d’intervention. Pour réaliser un suivi de régénération (quantité, diversité, qualité, flux), il est fortement conseillé de faire appel à des professionnels de la gestion, tant pour le diagnostic que pour la maitrise d’œuvre et la réalisation des travaux.

Les différentes phases de développement :

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1/ L’acquisition/établissement de la régénération naturelle

Au-delà du dosage de la lumière, nombreux sont les facteurs à considérer pour assurer une bonne germination : les caractéristiques biologiques de chaque essence, la structure et le bon fonctionnement du sol, la dynamique de la végétation concurrente, l’état de la litière, l’équilibre cynégétique (…).

Dans cette phase initiale, la nature ne fait que commencer son tri selon la vigueur des arbres. On n’agira donc sur la compétition entre les végétaux qu’en cas de nécessité avérée et ponctuellement pour assurer l’établissement d’une régénération diversifiée et vigoureuse. Il ne s’agit jamais d’exclure certaines espèces temporairement et encore moins de les éradiquer. Intervention typique : Dégagement, cassage, protection (répulsif ou physique).

2/ Compression et qualification de la régénération naturelle/ Croissance maximale en hauteur

Lorsque les jeunes arbres ont définitivement pris le dessus sur les autres végétaux, plus rien ne les empêche d’entamer l’étape où leur croissance en hauteur prend son plein essor : c’est la course vers la lumière. Ces processus naturels de compétition constituent à ce stade la base de la production de bois de grande valeur par élagage naturel des branches basses. Il ne s’agit donc en aucun cas de rompre cette compression brutalement ou précocement. Intervention typique : cassage, annélation, taille de formation.

3/ La phase de dimensionnement

Une fois la bille de pied formée, la tige d’avenir, dont le houppier sera vigoureux, fonctionnel et bien conformé, entamera sa phase d’expansion en diamètre. A ce stade, il s’agira de procéder selon l’essence à un détourage* proportionné et progressif. Intervention typique : détourage* localisé et mixte (annélation + coupe).

Cas pratique :

Régénération de hêtre et de charme dominante dans une hêtraie chênaie de plaine. Sans intervention le hêtre sera hégémonique dans la régénération. Dans les jeunes stades semis/fourrés : travail au profit des semis de chêne et merisier par cassage de certains hêtres. En effet, le charme et le hêtre sont des essences particulièrement compétitrices du fait de leur couverture, leur pouvoir ombrageant et leur stratégie de croissance. Au stade gaulis, début de perchis : on maintien la compression des jeunes chênes mais on libère progressivement l’accès à la lumière du houppier et sa capacité d’exploration. On réalise progressivement quelques cassages au stade précoce de la qualification, tailles de formation, voire des annélations des tiges concurrentes pour les stades plus avancés. Enfin, on rompt la phase de compression via des détourages sur des perches plus avancées de qualité de bouleau, chêne et charme...